La libéralisation des TER, menace ou opportunité ?

Marc Carémantrant / Photorail

Faut-il autoriser la mise en concurrence des lignes de TER de la SNCF ? Si oui, à quelle conditions ? A quelques semaines de la publication du rapport du sénateur Francis Grignon sur les modalités de l'ouverture à la concurrence des TER (attendu pour Pâques), Ville, Rail & Transports ouvre le débat sur ce sujet, hautement sensible en France. Donnez votre avis en laissant vos remarques et commentaires. A vos plumes !

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L'OUVERTURE DU TER A LA CONCURRENCE : UNE DEMARCHE « GAGNANT-GAGNANT »

Par Jean SIVARDIÈRE, président de la FNAUT
 

L’ouverture du TER à la concurrence n’est pas une notion nouvelle pour la FNAUT, qui l’avait explicitement recommandée dès 1992, lors d’un colloque qu’elle avait organisé à Tours sur le thème de « l’avenir des lignes ferroviaires régionales ».

A l’époque, ces lignes, qu’on appelait encore « lignes secondaires », étaient à l’abandon et leur déclin paraissait inéluctable. La SNCF cherchait à l’évidence à s’en débarrasser (comme aujourd’hui elle se désengage du trafic des wagons isolés et de certaines relations intercités) : matériel obsolète, horaires inadaptés, correspondances dissuasives… Et à chaque transfert sur route, une part importante de la clientèle abandonnait le transport public pour la voiture.

Le déclin des lignes à faible trafic potentiel n’avait pourtant rien d’inéluctable : en Suisse, de telles lignes étaient bien équipées et exploitées avec succès, soit par les CFF, soit par des opérateurs locaux. Un cas atypique avait aussi attiré l’attention de la FNAUT : celui de la ligne bretonne Carhaix-Guingamp-Paimpol, perpendiculaire à la radiale Rennes-Brest.

L’exploitation de cette ligne avait été affermée par la SNCF à un exploitant privé, la CFTA, intégré par la suite au groupe Connex devenu Veolia Transport. A la surprise générale, la CFTA avait sauvé la ligne d’une disparition certaine par un double succès :
- d’une part une réduction des coûts d’exploitation de plus de 20 % grâce à l’utilisation d’un autorail conçu pour être exploité par un agent unique polyvalent, à la fois conducteur, receveur et responsable du petit entretien ;
- d’autre part une hausse supérieure à 20 % du volume de la clientèle grâce à une action commerciale proche du terrain (de meilleures correspondances à Guingamp, une adaptation des horaires pour capter la clientèle scolaire).

En conclusion de son colloque, la FNAUT n’avait donc pas hésité à affirmer que la SNCF, très performante sur les lignes à fort trafic, n’était pas forcément la mieux placée pour exploiter les lignes à faible trafic voyageurs et fret, ce qui est un métier bien différent et nécessite l’intervention d’opérateurs spécialisés.

Depuis vingt ans, la situation des lignes « secondaires » a radicalement évolué grâce à la régionalisation, une démarche que la FNAUT a soutenu dès que le préfet Gilbert Carrère en a lancé l’idée en 1992. Suite à l’engagement des régions, le TER connaît un succès commercial spectaculaire. Cependant son ouverture à la concurrence reste nécessaire pour deux raisons : d’une part, même si la SNCF est bien loin d’en être la seule responsable, la qualité du service reste très insuffisante, au moins dans certaines régions ; d’autre part les coûts de production de la SNCF sont très nettement plus élevés (de pus de 50 %) que ceux des exploitants privés et même de la Deutsche Bahn.

Bien entendu, l’ouverture à la concurrence n‘est pas la solution miracle. Ce n’est pas elle qui améliorera l’état des infrastructures et sa capacité, ou qui garantira un financement pérenne de l’exploitation. Le libre choix de l’exploitant par chaque région sur chaque ligne peut cependant amener des innovations dans les méthodes d’exploitation du TER et dans le service rendu aux usagers, une réduction des coûts et une hausse des recettes commerciales, donc la possibilité, pour les régions, de continuer à développer l’offre à dépense égale.

L’exemple allemand est convaincant. La concurrence a permis une baisse durable des coûts (de 20 % à 30 %), une nette amélioration de la qualité de service et une forte hausse (30 %) de la fréquentation, qui était déjà élevée. La Deutsche Bahn a réussi à conserver environ 80 % du marché du transport régional, car elle a amélioré sa productivité et ses prestations. Tous les problèmes de coexistence entre l’opérateur historique et les « nouveaux entrants » ont été résolus : sécurité, tarification, billetterie, information des usagers, transferts de personnel et de matériel. En définitive, dans les Länder (de sensibilités politiques très variées) qui ont ouvert leur réseau, l’usager comme le contribuable ont gagné à la mise en concurrence des opérateurs ferroviaires.

La FNAUT est donc favorable à une expérimentation prudente de la libéralisation du TER, en priorité sur quelques lignes fragiles à faible trafic, par exemple des lignes en antenne sur le réseau ferré principal (voire des lignes transfrontalières), ce qui éviterait de déstabiliser la SNCF et lui laisserait le temps de s’adapter. C’est en effet sur ces lignes, dont la Cour des Comptes préconise la fermeture mais dont on aura besoin le jour où le prix du pétrole explosera durablement, que l’innovation technique et commerciale est la plus nécessaire.

On comprendrait mal que, sous de faux prétextes idéologiques, les régions françaises écartent cette piste de progrès, assimilée à tort à une privatisation. Le modèle proposé - une délégation de service public par la région, autorité organisatrice du TER - est depuis longtemps le modèle dominant en transport urbain et a fait ses preuves, il n’a rien à voir avec le système britannique de privatisation régulée. Il ne faut pas confondre service public et entreprise publique : ce qui compte, en ferroviaire comme en urbain, c’est la qualité du cahier des charges imposé par l’autorité organisatrice à l’exploitant, qu’il soit public ou privé. Certains présidents de régions dénoncent les insuffisances de la SNCF, avec une virulence parfois étonnante, mais reconduisent ensuite pour dix ans leur convention TER avec la SNCF, c’est incompréhensible.

En conclusion, l’attitude des décideurs politiques face à l’ouverture du TER à la concurrence ne doit pas relever d’un dogme mais d’une expérimentation pragmatique. L’expérience montre en effet que la libéralisation peut être une démarche « gagnant-gagnant » pour l’autorité organisatrice, l’usager, les nouveaux opérateurs, mais aussi l’opérateur historique qui est incité à améliorer son rapport qualité/coûts et peut alors garder l’essentiel du marché.

 

 

 

 

 

LES CONSEILS RÉGIONAUXPEUVENT ENCORE SAUVER LA SNCF

Par Jean-Claude Favin LÉVÊQUE, consultant indépendant
 

N’importe quel incident de la SNCF peut dégénérer en affaire d’Etat. Un train de nuit Strasbourg - Port-Bou collectionne-t-il les dysfonctionnements, qu’il focalise toute l’attention des médias, donc de la ministre qui fait alors connaître sa colère. Les syndicats s’empressent de fustiger – comme lors de n’importe quel incident – la réduction des effectifs et la casse du service public. Les associations de consommateurs, eux aussi, dénoncent, comme toujours, la vétusté et le défaut d’entretien du matériel. Ces mêmes responsables ont manifesté beaucoup plus de sobriété face à une série de cinq accidents de passage à niveau en moins de deux semaines, dont trois mortels. Une telle inversion des préoccupations du microcosme ferroviaire est symptomatique de son état d’égarement. Le ferroviaire français est malade de son statut d’administration et il n’a à son chevet que des docteurs Knock.

Parlons donc du problème central du ferroviaire français, son intégration dans l’Europe. La différence entre la France et l’Europe en matière ferroviaire est que la seconde a un projet, l’espace ferroviaire unique. L’objectif est de rendre l’ensemble du territoire de la Communauté accessible en train et de développer ainsi ce mode plus économique et écologique. Dans cette réforme vaste et difficile, la France, un grand du ferroviaire, est une bien mauvaise élève. Elle a raté la première étape, celle de l’infrastructure. Elle avait plutôt bien commencé en créant RFF (Réseau ferré de France). Mais, velléitaire, elle en est restée là. Tout en donnant la propriété des voies à RFF, elle a laissé à la SNCF la responsabilité de la gestion des circulations et de la maintenance du réseau. D’où un système unique en Europe par sa complexité, la polémique SNCF/RFF permanente, une planification contestée et l’opacité du modèle économique. Au bilan, un réseau aux coûts élevés, insuffisamment entretenu et qui n’arrive pas à financer le développement nécessaire.

La deuxième étape de la réforme, c’était le fret ferroviaire. Une catastrophe industrielle pour notre pays : pendant la même période d’une dizaine d’années où le trafic allemand augmentait d’un tiers, la France réussissait la performance de voir le sien chuter d’autant. Plutôt qu’accepter la concurrence, la France a préféré saborder son fret ferroviaire. Le marché français est aujourd’hui considéré si hostile et si peu propice aux affaires que les concurrents ont préféré abandonner la partie, hors la Deutsche Bahn qui a les moyens d’attendre son heure.
Approchent la troisième étape sur les trains express régionaux (TER) et au-delà la quatrième et dernière sur les trains grandes lignes. Inutile de dire que si la troisième est dans la lignée des deux premières, la quatrième sera jouée d’avance. La France aura perdu la compétition ferroviaire européenne sans avoir livré une seule bataille. Tous nos espoirs reposent donc sur cette troisième étape. L’Europe souhaite que ces marchés soient attribués par appels d’offres alors que la SNCF a le monopole des TER et que les régions, responsables de ce service public, ont l’obligation de négocier – peut-on appeler cela négocier ? –directement avec l’entreprise publique.

Les régions se trouvent donc en situation d’arbitre sur ce dossier. Leur positionnement à gauche leur fait afficher traditionnellement un soutien infaillible à la SNCF et au monopole. Pourtant, elles ont sous les yeux le retour d’expérience de l’Allemagne où l’introduction de cette concurrence tempérée s’est accompagnée du développement du réseau et du trafic ainsi que d’une baisse significative des coûts. En France, le trafic a aussi augmenté sensiblement depuis le transfert aux régions de cette responsabilité, il y a une douzaine d’années. Mais au prix d’un paradoxe exceptionnel : alors que le ferroviaire est une activité aux coûts majoritairement fixes, la hausse du trafic voyageurs aurait dû se traduire par une baisse des coûts unitaires. Au contraire, ils ont augmenté encore plus vite que le trafic. Bref, un résultat comme seuls les systèmes administratifs savent en produire et bloquant le développement futur.

Certaines régions sont légitimement exaspérées d’être prisonnières d’un système qu’elles savent absurde. La situation est originale. Elles détiennent le sort de la réforme ferroviaire française entre leurs mains. Qu’elles exigent le changement et qu’elles se déclarent prêtes à s’y engager, le gouvernement ne pourrait que suivre l’initiative. Pourtant, le contexte politique n’y est guère favorable. Période électorale, dogmatisme droite/gauche, il faudrait beaucoup de courage et de clairvoyance aux politiques des deux bords pour trouver un chemin dépassionné et enclencher le processus qui permettrait de sortir la SNCF de l’impasse où l’a mise le protectionnisme viscéral de la France.

Le rapport Grignon, arlésienne parlementaire, pourrait sortir prochainement. Il doit être l’occasion de poser officiellement le débat. Ses propositions – ou tout au moins la version officieuse parue il y a quelques mois – sont très discutables sur le fond. Il abonde excessivement dans le sens de la SNCF qui rêve d’imposer à ses concurrents toutes les contraintes que son statut d’administration lui a fait accepter en matière de gestion du personnel et de conditions de travail. Aucune déréglementation n’a été soumise à une telle clause léonine. Les salariés des low-cost aériennes n’ont pas le même contrat de travail que ceux d’Air France ou Lufthansa. Les agents de la Deutsche Bahn sont mieux payés que ceux de ses nombreux concurrents. Cela n’empêche pas ces compagnies de prospérer. Les opérateurs historiques bénéficient des avantages du sortant, de l’antériorité de l’offre, de la connaissance du marché, du contrôle des réseaux commerciaux, de l’exclusivité de moyens rares comme la distribution, de la maîtrise de la gestion des circulations ou des gares, sans compter le plein soutien de l’administration centrale. Bref, ils disposent de nombreux avantages concurrentiels. Cela, la SNCF le sait, mais elle n’en souhaite pas moins couper les ailes aux nouveaux entrants et, notamment, rogner leur compétitivité sur les coûts. Elle espère ainsi alléger les difficiles efforts de productivité qui lui seront nécessaires. Pour la France, cette prétendue équité serait en effet la meilleure méthode pour faire fuir les concurrents. On pourrait alors obtenir le même résultat que dans le fret, un marché français que les acteurs évitent soigneusement. Les régions poursuivront alors leur tête à tête administratif avec la SNCF.

Accessoirement, la SNCF sera marginalisée dans une grande Europe ferroviaire. La France ferroviaire est à l’heure du choix : le sursaut ou la poursuite du déclin. Le sursaut passe clairement par un engagement sans ambiguïté et sans tarder dans la logique européenne. Le dossier des Trains express régionaux est la dernière occasion pour notre pays de s’engager dans une modernisation de son ferroviaire et le faire entrer au rang qui doit être le sien au sein de l’Europe.

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Je ne vois pas en quoi l'ouverture à la concurrence sera mieux à même de relever les nombreux défis que posent aujourd'hui la mobilité interurbaine et/ou à l'intérieure des grandes agglomérations?
Comme beaucoup d'autres services de transport collectif, le ter étant un service structurellement déficitaire, c'est d'abord la volonté politique et la cohérence avec les politiques d'aménagement du territoire qui sont les clés de sa réussite. Sans oublier le niveau de contrainte - volontaire ou non - supporté par l'automobile : Le succès du ter depuis 10 ans tient autant des investissements importants consentis par les régions que de l'augmentation du prix du carburant! D'ailleurs, en 2008, les opérateurs et les AOT commençaient sérieusement à angoisser devant l'explosion du nombre de voyageur. A quand le prochain épisode?
Avec du carburant à 2€/L et de vraies politiques d'aménagement du territoire en faveur des TC, il faudra bien continuer à investir massivement en faveur des TC. Avec quel argent? Celui de la route et des nombreux autres budgets connexes qui s'y rattachent (VRD, parking, ZA dédiées à l'automobile, etc...) qui continuent d'engloutir chaque année des sommes folles quand bien même il y a urgence à réduire la part modale de l'automobile. Ces grands choix stratégiques étant faits, la concurrence pourra alors jouer "à la marge" sur la performance du service offert...
N'attendons pas d'être au pieds du mur. On y est déjà.

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Ma région, la Basse Normandie, affiche qu'elle rénove les gares TER.Or elle nous impose en accord avec la SNCF et RFF la démolition du bâtiment de la gare voyageurs encore en bon état de Saint-Pierre-sur-Dives (ville de 3665 habitants) dans le calvados pour la remplacer par un modèle type de halte en verre sans billetterie et sans services aux voyageurs.
Ce serait pour des raisons économiques, mais nous n'avons eu aucune étude financière comparative entre la rénovation de la gare et la halte. Les communes de notre CDC sont invitées à participer à ce projet à hauteur de 25 % du coût de la halte sans avoir ces éléments d'information.
Les habitants protestent à la perspective de voir disparaître leur gare.
Que pouvons-nous faire ?

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Les lignes secondaires du réseau TER seront certainement avantageusement servies par des opérateurs plus petits que la SNCF. Des coûts de structure plus faibles permettront un service plus élargi (horaires et réactivité) pour un même montant d'investissement.
Je pense à des lignes comme :
Nantes Pornic/ St Gilles croix de vie
Nantes Chateaubriant (en cours de réouverture)
Carcassonne Quillan(un OFP comme le TPCF pourrait avantageusement reprendre la main globale sur l'activité de cette ligne, aussi bien marchandises que transport de voyageurs).
Sinon, le réseau principal sera plus utilement maillé par un opérateur unique fort d'une expérience séculaire de gestion de la complexité.

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Il faut en finir une fois pour toutes avec la référence à la "privatisation" britannique. En effet, le gouvernement travailliste a voulu reprendre en mains les concessions et le Department for Transport a appliqué des règles plus rigides que la plupart des Délégations de service public et qui ne laissent presque plus d'initiatives à l'exploitant (ex: composition des trains).
Heureusement le nouveau gouvernement conservateur va revoir les conditions des concessions (ex: durée de 12-15 ans)et redonner plus de liberté d'action aux concessionnaires.Les reproches que l'on fait constamment au système britanniques sont la conséquence de l'absence d'investissements durant la période Tatcherienne et d'un réseau qui n'a pas su évoluer: longueur des quais qui limite la composition des trains à +/- 10 voitures de 20 mètres, gabarit réduit qui ne permet pas l'utilisation de voiture à 2 niveaux, signalisation obsolète, pourcentage de lignes électrifiées le plus bas d'Europe etc.....
Malgré ces handicaps, la fréquentation des trains a augmenté de 70% depuis la "privatisation" et rejoint les sommets d'avant-guerre.
Outre l'Allemagne, il faut aussi s'inspirer des expériences suédoises et hollandaises; seule la concurrence apportera un renouveau au transport ferroviaire.

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Comme beaucoup peuvent s'en apercevoir, la SNCF n'a rien d'une entreprise dynamique et concurrentielle : par certains comportements, on la croirait encore au temps où la voiture n'existait pas encore. Elle n'a aucun dynamisme pour maintenir le transport du fret qu'elle a laissé échapper, ni pour organiser toujours les trajets les plus raisonnables pour la clientèle (elle préfère toujours les parcours les plus longs en distance, abandonnant les lignes dites secondaires), ne s'occupe que des TGV, dont certaines nouvelleslignes ou certains prolongements sont inutiles (Bordeaux Hendaye), ne se préoccupe pas des raccordements des lignes TGV dont elle crée des nouvelles gares en rase campagne, obligeant les voyageurs à utiliser un autre mode de transport (souvent routier), favorise les relations routières (Nantes Rennes)etc. Laissons donc les TER à d'autres opérateurs qui sauront s'en occuper.

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Je considère que cette initiative ne pourra que stimuler l'ensemble des prestataires grâce au jeu de la concurrence et obligera la SNCF perdant son monopole à une profonde mise en cause lui permettant de sortir d'une gouvernance manquant de souplesse et de faculté d'adaptation. Plus d'ouverture et abandon des vieux principes qui lui ont apporté la qualification de "vieilles dames". Ne surtout pas oublier d'offrir en plus à la concurrence les lignes actuellement désaffectées en vue d'une éventuelle réouverture, celles pour lesquelles les conseils régionaux, la SNCF et RFF n'ont pas jugés intéressant de s'engager. Les avis parvenus seront-ils publiés et les résultats des débats seront-ils connus et si oui par quel moyen?

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Oui à la libéralisation du transport régional. Je suis un voyageur occasionnel de la ligne Tours/Orléans/Paris Austerlitz et mes deux derniers voyages ont été emaillés d'incidents. Le premier par la suppression de deux Aqualys(l'un part l'attente d'un personnel de bord et l'autre par defaut de rame ou locomotive dixit les bulletins de retard ; le second, vendredi dernier, par un retard de 30 minutes du à l'absence de locomotive à l'heure prévue du départ). Je plains vraiment les voyageurs qui circulent tous les jours sur cette ligne. Une phrase d'une voyageuse entendue vendredi dans le train:" cela faisait 4 jours que ça allait bien !!!"
La SNCF a supprimé de très nombreux emplois et maintenat ça coince pour un oui ou un non mais elle fait payé les régions, donc les contribuables, pour l'achat ou la rénovation du matériel; elle imose plus ou moins un constructeur. RFF fait la même chose pour la rénovation du réseau et du reste.
Aujourd'hui si on n'est pas satisfait d'un prestataire ou d'un fournissuer on on change. Sauf qu'avec le train on ne peut pas

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Dans VRT de cette deuxième quinzaine de février 2011 est évoquée la tentation (pour ne pas dire plus) de Languedoc -Roussillon de changer d'exploitant des TER à la suite des problèmes du TER à 1€.

On parle d'exploitant mais le terme est encore trop vague. Comme en transport routier il faut se demander si face à l'AOT, la région, et à RFF, on a un exploitant complet ou un "tractionnaire" qui "n'a qu'à" faire rouler les trains. Il semble que dans cette dernière fonction, SNCF soit imbattable mais que, traumatisée par la perte de l'infra, elle se soit "accrochée" à conserver toutes les autres missions : les circulations (qui lui sont timidement et partiellement retirées alors qu'elle devraient être du ressort de RFF), les gares (sans doute parce que c'est une vache à lait), la maintenance du matériel roulant (qui ne lui appartient plus dans le cas des TER), la commercialisation des titres de transport qui, dans l'exemple de Languedoc-Roussillon devrait revenir à la région qui fixe les tarifs).

Ce catalogue de fonctions est incomplet mais que n'en a-t-on établi un plutôt que de dire SNCF fera ce que ne fait pas RFF puis de laisser les régions se débrouiller pour trouver leur place dans cette galère.

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Qu'en sera-t-il des facilités de circulation des cheminots en cas de privatisation d'une ligne TER ?

Un cheminot retraité

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Premier point: l'ergonomie de votre questionnaire n'est pas terrible
on ne sait pas comment entrer dans l'enquête
je ne sais pas si actuellement je réponds à ce questionnaire ou à une réponse d'un autre intervenant

Deuxième point: quelle est la pertinence du problème posé alors que l'on n'a guère d'élèment pour nous éclairer
une information massive s'impose sur le cas français et les autres (RFA,RU,Espagne,Pologne)
"Ville Rail Transport" fait son boulot en la matière notamment à travers les tribunes de Gilles Savary dont on comprend qu'il n'est pas que des amis au Parti Socialiste (dont les silences et les manoeuvres en la matière m'inquiètent: attente de 2012 au dépend du débat)
comme souvent en France les réformes sont propulsées sans préparation en fonction des politiques dites européennes qui ont été avalisées par les états-nations qui rechignent ensuite à les appliquer
le débat sera probablement tragique (imposition par une arcane législative,magouilles des nouveaux entrants, grèves des personnels de la SNCF et dans 10 ans tout le monde sera content et ne voudra pas revenir en arrière

Troisième point: engagé dans la FNAUT je ne ferai que transmettre que des analyses proche de cette organisation
nous avons observé depuis 60 ans les dégats du presque tout routier+ du désengagement de l'Etat comme actionnaire de la SNCF+ du quasi tout TGV et de la relative renaissance du trafic "omnibus" grâce à la régionalisation souhaitée par mon organisation
le modèle du TER actuel est relativement efficace mais souffre des retards de l'infrastructure, de la primauté à la relation domicile-travail et je le pense de la balkanisation régionale (effet pervers de la régionalisation que ne sait pas contrebalancer la SNCF)
des liaisons restent indignes sur des grands axes (ex Nantes-La Rochelle-Bordeaux) et surtout sur des lignes menacées (La Roche sur Yon-Bressuire-Thouars-Saumur)faute de volonté,d'études de marché, d'investissement

Quatrième point: personnellement je ne comprend pas qu'on n'est pas été pragmatiquement capable de mettre en place des dessertes avec des opérateurs moins rigidifiés et désormais divisés que la SNCF,avec des régies départementales ou des structures comme la CFTA
un bilan objectif du passage à la SNCF du réseau corse serait intéressant

Cinquième point: il est anormal que le groupe SNCF (Keolis) sévisse en RFA, au RU (avec quels statuts de ses employés de filiales) et qu'elle n'accepte pas la réciproque en France
l'affrétement à des groupes privés (comme pour les réseaux urbains) ne me semble pas scandaleux mais évidemment la puissance publique devra arbitrer entre les intérêts des actionnaires, les délégations de service public, les aspects sociaux (temps et conditions de travail, rémunérations, retraites...)
je crois que la concurrence sera bénéfique à la SNCF surtout si on oblige les concurrents à travailler aussi sur les lignes affaiblies plutôt que sur les liaisons d'ores et déjà "rentables"
l'exemple des télécommunication est riche: plébiscité par les clients, scandaleux dès que l'on essaie d'affronter un groupe pour faire valoir ses droits de consommateurs, inquiétant quand on voit qu'on privilégie la vente de gadgets au détriment du service

Sixième point: même si je pense que l'élection présidentielle doit se faire autour de la politique étrangère (c'est mal parti!) il serait bon que ce dossier soit mis en avant et débattu comme dans un pays civilisé avec des colonnes "pour" et des colonnes "contre"; les partis en seraient honorés
qu'est ce qu'on attend pour expérimenter dans une région (l'Alsace! ou le Poitou-Charentes!!!) ou sur une ou deux lignes par région.

Septième point: cette réforme ne doit pas être faite pour créer du profit ou économiser des investissements, le clien ou plutôt le voyageur est le premier concerné
si elle est faite pour les usagers ceux ci devront avoir une information impeccable sur les offres (sur des sites uniques), l'impératif du guichet unique dans les gares ne doit pas être négocié et on espère que Veolia, Keolis, Car postal, Eusko Tren (au hasard) ne seront pas là pour distribuer des gadgets ou des services inutiles.

J B LUGADET

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Je suis opposé à la mise en concurrence des lignes TER de la SNCF:
voici pourquoi:
-comment sera répercuté la maintenance des voies et du matériel roulant.
-Qui et comment sera fixé le prix du billet
-Comment sera défini les horaires et les correspondances,le nouvel opérateur ne fera t'il pas circuler ses trains que sur des créneaux horaires où il sera bénéficiaire?

alain23

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je ne suis pas favorable à une mise en concurence des lignes de TER. Ces lignes doivent rester au service du public et les exemples montrent que les opérateurs privés ne sont pas dans cette logique. Regardons l'exemple de nos amis anglais et le désastre occasionné par la privatisation de leurs chemins de fers. Le gouvernement anglais renationalise certaines lignes. La SNCF doit évoluer et s'adapter aux évolutions de la société. L'état doit lui en donner les moyens et ce n'est pas une mise en concurence trop souvent déloyale qui améliorerait le transports des usagers dans notre pays.
Jean Jacques

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pour moi personnellement le ter aquitaine s'ameliore d'annee en annee.Le cadensement a ameliore l'ancienne situation.Pourquoi sur des distance maximum de 200km changer de dispositif.Se que l'on peut ameliore c'est de remplacer certain ter express en ter omnibus pour entre 6Het9H- 16H30 ET 19H transport du monde ouvrier.Du lundi au samedi après une etude des bassins d'emplois pour les heures de sortie ou d'embauche .Cible les gares ou le plus de voyageurs prenne le ter et les heures d'affluence .Trouver un systeme de ramassage pour les gares à faible affluence pour les rabattres sur une gare encadrante ayant plus de voyageur.Exemple le village de croix de hinx ligne de bordeaux à arcachon entre les gares de marcheprime et facture se construise des lotissements pourquoi ne pas etudier les heures de de deplacement matin et soir des voyageurs.Si la ville de marcheprime a un car ou un minibus organise le ramassage de ses personnes comme les cars
scolaire

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Je ne pense pas que ce soit une bonne idéee la mise en concurrence dans les tansport par rail n'a jamais ammene davantages pour l'usager mais plutôt une recession

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Je pense que c'est une opportunité à condition qu'elle tire vers le haut la qualité du service ce qui est je pense le but recherché. Quand on prend l'exemple allemand qui est ouvert à la concurrence depuis 1994, on peut voir que la compagnie historique la DB a été obligée de s'adapter et à de se fait amélioré sa qualité. Et les opérateurs alternatifs donnent également des performances très satisfaisantes.

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Nous allons donc revenir à la bonne époque d'avant 1938, c'est un cycle qui recommence.La création de la SNCF avait pour but de pallier aux errements tarifaires et horaires des compagnies privées. Pourquoi cela irait-il mieux de nos jours. De plus pour ce qui est de l'entretien des réseaux: Avec RFF comme cela se passe aujourd'hui? Cela ne se passe pas trop bien... Quelle sera le prix de l'exploitation, des matériels, de l'entretien de tout cela? Et qui va subventionner les pertes immanquables d'exploitation? A moins de faire payer fort cher aux usagers devenus des clients le prix de ce service jadis public.
Ce sera donc comme au royaume uni et là bas le train est très cher. Il faut méditer là dessus et faire un choix.

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attention on a raté les 2 premières étapes du projet ferroviaire européen
allons nous rater le 3ème rendez vous?

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COMMENTAIRE DE PATRICK BARBE (Blog déjà publié par le journal Le Point) :

Loin d'appartenir au passé, l'industrie ferroviaire connaît une nouvelle jeunesse. Le rail répond à tous ces défis, qui autorise le transport rapide et écologique de flux massifs de population et de biens, y compris au coeur des mégalopoles. D'où la multiplication des projets de métros, de tramways, de lignes à grande vitesse - de la Russie à la Californie en passant par le Brésil, le Maroc ou l'Arabie saoudite. La seule Chine construit 52 métros et investit 100 milliards de dollars par an dans son système ferroviaire, notamment pour créer un réseau de 16 000 kilomètres à très grande vitesse (380 km/h, contre 320 en France).

La France, qui disposait d'un leadership technologique dans l'industrie ferroviaire, est en passe de perdre la bataille du rail du XXIe siècle. Sur le plan économique, la croissance de l'activité se concentre dans les grandes agglomérations (+ 40 %), tandis que les clients du TGV stagnent et que le fret s'effondre du fait de son manque de fiabilité, qui a porté les parts de marché de la route à 85 %. Sur le plan opérationnel, les prix montent avec les péages pour une qualité de service qui s'effondre au rythme de la baisse de la ponctualité : 90 % pour les Transiliens et les TER, 80 % pour les TGV et les trains Corail. Sur le plan financier, la dette ferroviaire culmine, fin 2010, à 28 milliards d'euros pour RFF et à 9,5 milliards pour la SNCF. Sur le plan international, les offres françaises sont marginalisées dans les projets de lignes à grande vitesse et de dessertes ferroviaires des grandes agglomérations ; dans le même temps, Alstom enregistre une succession d'échecs face à Siemens, dont celui du marché des Eurostar, qui est à la fois symbolique et logique puisque le train allemand accueille davantage de voyageurs avec un meilleur confort pour un prix inférieur.

Faute de changements radicaux, le risque d'accidents majeurs est très élevé. La seule SNCF transporte quotidiennement 6 millions de passagers, dont 550 000 sur la ligne D du RER, 450 000 sur la ligne C, 350 000 sur l'ensemble du réseau TGV. Or l'infrastructure ferroviaire est saturée et sinistrée, la moitié des aiguillages datant par exemple des années 40, tandis que les dépenses d'entretien ont baissé de 20 % en vingt ans. Déjà, le nombre d'accidents connaît une forte hausse : 0,33 par million de trains-kilomètre en 2009, contre 0,24 en 2006. Le rail français aborde ainsi la décennie 2010 dans la situation du système britannique au seuil des années 2000, qui provoqua la catastrophe de Hatfield. Une dérégulation anarchique a éclaté les responsabilités en matière de sécurité entre les instances européennes, l'Araf, l'EPSF, RFF et les opérateurs. Or il en va du fer comme de la finance : quand chacun assure la responsabilité de son périmètre sans superviseur, le système court au krach.

Ce Sedan ferroviaire est exemplaire du mal français. Du côté de la SNCF, la gréviculture tue le fret ferroviaire comme nos ports ; elle va de pair avec la faiblesse des gains de productivité (2 % par an), qui contraste avec la hausse des rémunérations (plus de 3 % par an). Du côté d'Alstom a prévalu une culture d'arsenal associée à la garantie de marchés protégés. Mais la responsabilité première incombe aux pouvoirs publics. La libéralisation a fait l'impasse sur la nécessaire cohérence du système ferroviaire. En dépit de 10 milliards d'euros de concours publics par an, le renouvellement et l'entretien du réseau ont été négligés. La culture du tout-TGV, dont le corollaire est l'abandon de l'urbain et du fret, a été accentuée par le Grenelle de l'environnement, qui a prévu la construction de 2 000 kilomètres de nouvelles voies à grande vitesse d'ici à 2020, puis de 2 500 kilomètres supplémentaires, soit un investissement de 100 milliards d'euros dans des lignes lourdement déficitaires. La seule LGV Est mobilise ainsi 3,5 milliards d'euros pour gagner un quart d'heure sur Paris-Strasbourg, ce qui suffirait à changer la totalité du matériel roulant (qui a plus de 20 ans d'âge en moyenne) ou des bus d'Ile-de-France, permettant d'améliorer la vie de millions de personnes.

Six priorités émergent. Repenser une architecture de sécurité fondée sur un garant en dernier ressort. Effectuer la reprise de la dette ferroviaire par l'Etat, comme l'Allemagne en 1994, en contrepartie de la mise en extinction du statut et du régime spécial des cheminots. Décider un moratoire sur les nouvelles lignes à grande vitesse et affecter les investissements au renouvellement de la partie efficace du réseau (11 000 kilomètres sur 29 800 voient passer moins de vingt trains par jour) et à son entretien (111 000 euros par kilomètre, contre 137 000 en Allemagne). Réinvestir massivement dans le transport ferroviaire urbain et dans un fret performant. Evoluer vers la vérité des prix en sortant du modèle associant un prix minime à une qualité de service indigente. Réorganiser la filière ferroviaire en privilégiant l'innovation au lieu des protections. Fernand Braudel soutenait que " la France, c'est l'école obligatoire, plus le chemin de fer ". La France a déjà perdu son école, elle doit sauver son chemin de fer.

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La concurrence est une vraie chance pour le transport régional notamment en ayant à peu près la certitude d'un service plus attentionné de la part du concessionnaire et aussi une entreprise qui ne soit pas gangrenée par SUD rail et la CGT et leurs grèves à tout propos et hors de propos