Julien Guilleret a été nommé directeur du site Caf de Reichshoffen. Diplômé de l’Institut national des sciences appliquées de Rouen en génie mécanique en 2004, il a débuté sa carrière dans le ferroviaire au Canada chez Alstom en tant qu’ingénieur. En 2013, il avait rejoint le site Alstom de Reichshoffen au poste de manager EHS et Lean manufacturing, puis il avait pris la direction du département industriel.
Le site, qui emploie actuellement près de 750 personnes, a intégré Caf en août 2022 pour devenir le centre d’expertise « trains longs » du groupe en France.
Le ministère des Transports a annoncé avoir signé le 2 décembre, avec SNCF Voyageurs et l’Afitf (Agence de financement des infrastructures de transport de France), une convention pour financer une commande de 22 rames automotrices Oxygène pour la desserte de trains d’équilibre du territoire (TET) Bordeaux-Marseille. Elles seront fabriquées par CAF sur le site de Reichshoffen (Bas Rhin) qui appartenait précédemment à Alstom.
Cette commande fait partie d’un marché plus vaste conclu le 5 décembre 2019 entre SNCF Voyageurs et CAF. Il comporte une tranche ferme de 28 rames, prévues pour être mises en service en 2027 sur les lignes TET Paris – Clermont-Ferrand et Paris – Limoges – Toulouse, ainsi qu’une tranche optionnelle de 75 rames. Les 22 rames destinées à la ligne TET Bordeaux – Toulouse – Marseille sont les premières commandées sur cette tranche optionnelle. Une rame sera présentée au premier trimestre 2025 en Île-de-France.
« Ces automotrices électriques, spécialement conçues pour les dessertes ferroviaires de moyenne et de longue distance, seront mises en circulation à partir de 2028 et remplaceront les trains Corail et leurs locomotives sur la Transversale Sud, entre Bordeaux et Marseille« , précise le ministère dans un communiqué. Avec la construction d’installations de maintenance adaptées à ce nouveau matériel roulant, l’investissement représente près de 650 millions d’euros apportés via l’Afitf.
La desserte Bordeaux-Marseille, longue de 680 km est, en 2023, la première ligne TET en termes de passagers (3,9 millions, soit 37 % des TET de jour), souligne le communiqué. « Elle connaît depuis 2019 une très forte croissance de trafic (+ 47 % entre 2019 et 2023)« , ajoute-t-il.
Terminus et peut-être vrai départ pour le train à hydrogène élaboré par le constructeur espagnol CAF en association avec le consortium FCH2RAIL. En effet, à l’occasion de la rencontre « Rail Live » qui s’est tenue fin novembre à Saragosse, ce projet est arrivé à sa conclusion : la phase essais ayant été positivement conclue, la rame peut passer à l’étape du service commercial en ligne.
Renfe a proposé comme base à ce projet une automotrice de banlieue électrique de la série 460 « Civia », celle qui est en service dans les banlieues ibériques. En plus de son équipement d’origine, elle peut désormais utiliser l’électricité provenant de piles à combustible à base d’ hydrogène et de batteries LTO. Devenu hybride, le prototype repeint en bleu peut circuler sur des tronçons électrifiés comme sur ceux sans caténaires.
Amorcé en 2021, le projet a abordé une première phase statique sur le site CAF de Saragosse, puis sont venus, en 2022, des essais en ligne simulant un service normal. En particulier, le train a affronté sans peine les rampes pyrénéennes de Canfranc avant de parcourir 10 000 km en Espagne mais également au Portugal.
Le projet FCH2RAIL a pour partenaires autour de CAF Toyota, l’opérateur Renfe, le gestionnaire de réseau Adif et les spécialistes des applications hydrogène DLR, CNH2 et Stemmann-Technik. Le tout est observé avec intérêt par les instances européennes de normalisation ferroviaire. Développée sur quatre ans, l’initiative a été dotée d’un budget de 14 millions d’euros dont les deux tiers sont abondés par des fonds européens. Commentaire de CAF : « A ce jour, l’objectif qu’un train puisse utiliser l’hydrogène est atteint. »
Michel Garicoix
Après des ventes en croissance de 21 % l’an passé, le constructeur ferroviaire ibérique CAF (Construccion y auxiliar de ferrocarriles) se fixe pour objectif un chiffre d’affaires de 4,8 milliards d’euros à l’horizon 2026. Mais si l’entreprise a marqué des points au Proche-Orient ou aux Amériques, elle veut privilégier « parmi ses marchés stratégiques » l’Europe.
L’assemblée générale annuelle qui s’est tenue en juin à son siège social de Beasain (Pays basque espagnol) a été l’occasion pour le constructeur de valoriser les contrats récents conclus sur le Vieux continent, par exemple la production pour Rome de 121 tramways pour un montant de 457 millions d’euros. CAF recherche en Europe des marchés à la rentabilité plus forte, malgré « les aléas géopolitiques et macroéconomiques qui ont eu des impacts industriels notables », indique Javier Martinez Ojinaga. Et le directeur-général de CAF de pointer les difficultés sur la chaîne d’approvisionnement et les coûts financiers dont l’augmentation des taux d’intérêt. Pour autant les commandes sont bien là : trains tri-modes pour l’anglais LNER, automotrices régionales à livrer à Renfe et rames françaises Coradia polyvalentes.
L’exercice 2023 de CAF se clôt sur des ventes de 3,852 milliards d’euros, dont 3 milliards pour le seul ferroviaire (matériel roulant et signalisation), le reste correspondant à la filiale Solaris : une entreprise d’autobus polonaise acquise en 2018. Le capital de CAF a aujourd’hui pour principaux partenaires ses propres salariés qui détiennent 29,5 % des actions ainsi que l’établissement financier basque Kutxabank (15%), à côté d’autres actionnaires moindres dont le Gouvernement basque (3%).
Michel Garicoix
Les résultats de Caf, publiés le le 27 février, montrent une forte hausse de son activité : le chiffre d’affaires pour l’activité ferroviaire a dépassé 3,5 milliards d’euros l’année dernière, en croissance de 22% par rapport à 2022. Sa filiale bus Solaris affiche un chiffre d’affaires de 819 millions d’euros, en croissance de 18 %.
Pour le constructeur espagnol, qui juge tous ses indicateurs « dans le vert« , ces bons résultats sont notamment portés par les projets ferroviaires sur le marché français où il se renforce et dispose de deux usines ( à Bagnères-de-Bigorre en Occitanie et à Reichshoffen en Alsace, une usine rachetée à Alstom après sa fusion avec Bombardier Transport). La France représente près de 20% du carnet de commandes global. « En 2023, CAF a reçu commande de vingt trains régionaux qui vont être produits à Reichshoffen, en consortium avec Alstom dont onze rames à la région Nouvelle-Aquitaine, deux à la Région Sud et sept pour Dakar« , rappelle dans un communiqué le constructeur. Rappelons que CAF a aussi remporté en 2022 le plus important appel d’offres de tramways en France pour Montpellier, puis signé un contrat pour 15 tramways à Marseille. Le groupe prévoit de recruter plus de 300 salariés en France et d’investir près de 25 millions d’euros sur la période 2023-2025.
Réorganisation des productions réalisées en France par Caf. Le site du constructeur espagnol va devenir « le centre d’expertise tramways de Caf en France« , explique l’entreprise. Mais il gardera de « la flexibilité avec la possibilité d’effectuer des rénovations et d’assembler des trains régionaux de petite capacité », ajoute-t-elle.
En 2024, le site de Bagnères-de-Bigorre doit lancer la fabrication en série des nouveaux tramways de Montpellier et de Marseille et poursuivre l’assemblage de locotracteurs de manœuvre à batteries et la modernisation des voitures MI2N du RER A parisien pour le compte de la RATP.
Anxo Rodriguez, qui vient de prendre la direction du site Caf de Bagnères, est chargé de piloter la transformation du site qui emploie actuellement près de 150 personnes. Diplômé de l’Université Alfonso X et de l’EAE Business School de Madrid et ancien d’Alstom, Anxo Rodriguez a rejoint CAF en 2019. De 2020 à 2022, il avait dirigé le Bureau d’études dédié à l’activité rénovation.